« Flâneries 2023 » – # 233 – « Les joies de la montagne »


Les joies de la montagne se découvrent tôt, très tôt le matin. Le lever du soleil est l’heure des braves, de ceux qui en demandent plus à chaque journée ; de ceux qui veulent éviter de tomber sous les degrés qui chaque jours battent des records au thermomètre. Les sentiers sont déserts, ne les égayent que quelques pépiements et des concerts de clarines. Avec un peu de métier, on distingue les lourds bourdons des vaches des clochettes des chèvres. Si les premières sont massives, bougent peu et, surtout, acceptent d’être encloses, il n’en va pas de même pour les secondes. Les parquer serait illusoire. D’un bon, elles s’échapperaient. Les biquettes sont beaucoup moins dociles et, du coup, la montagne est à elles. Comme une vague musicale, on perçoit à l’oreille quand elles se rassemblent, et quand, sous l’impulsion d’un ou d’une chef, elles entament une transhumance d’un versant à l’autre. Peu leur importe le randonneur, elles tracent leur route avec autorité, il n’y a qu’à s’écarter. Certaines, polies, se rangent un peu et partagent le raidillon. D’autres, sans scrupules, foncent, zigzaguent, font des écarts ; vous n’avez qu’à vous carapater. Égoïste, se félicitant de s’être levé si bon matin, aux anges de se trouver seul pour profiter de ce défilé ; une parmi toutes les joies de la montagne.

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