
Travail réalisé en atelier d’écriture avec des compagnons de la nuit, ceux qui n’ont pas forcément d’abri. « À mon retour, » en fut la proposition.
« À mon retour, » ;
cela sent les bonnes résolutions, cela sent la liste de corvées, cela sent la volée de bois vert.
« À mon retour, » ;
cela sent tous les regrets de ne pas avoir tout ce que l’on n’a pas su, voulu, pris le temps de faire. Cela sent la poussière cachée sous le tapis, les embrouilles pas réglées, le solde débiteur.
« À mon retour, » ; « quand je reviendrai », « plus tard » :
ce sont des « ça-peut-attendre » comme lorsque l’on ferme la porte sur sa maison, son travail, son train-train, le temps des vacances.
« À mon retour, » ;
c’est le suspens. De la tristesse, de la joie ? Qu’est, que sont, que sera, que seront, devenus tout ce, tous ceux, que l’on a laissés ?
« À mon retour, » ;
rien n’est gâché, rien n’est perdu, tout est retrouvé, intact, comme avant. Il y a tout le monde, les uns, les unes, les autres, des anciens, des nouveaux.
« À mon retour, » ;
il y a des sourires contents de répondre à d’autres sourires, des retrouvailles, des bons mots.
Le retour, comme chante le refrain de celle « qui attendra le jour et la nuit, qui attendra toujours un retour », après une grande attente, ne doit pas décevoir, il lui faut combler ; il ne doit pas lésiner, il lui faudra être à la hauteur. Peut-être que le mieux serait de ne pas tout conjuguer dans l’attente d’un futur, et de vivre, vivre, toujours présent.