« Flâneries 2023 » – # 259 – « À la fin, c’est elle qui gagne »


Les Sables d’Olonne, la mer, les longues plages et, le front de mer bétonné. Tout l’enjeu d’un week-end sur cette côte vendéenne est d’affronter le moins possible les barres d’immeubles du regard. Ces grandes façades, à la mode des années cinquante, soixante et bien après encore, disputent l’espace avec de petites villas du XIXème. Ces élégantes, qui rivalisent d’originalité dans leurs toilettes de pierre et de stuc, conservent aux lieux une taille humaine. Il est difficile d’imaginer cet espace, encore sauvage, battu seulement par les flots et non par des cohortes de touristes dépenaillés.

Un peu déçu, il faut s’adapter. Inventer une nouvelle marche de crabe, une marche contrainte qui tourne le dos au béton, qui fuit la laideur. Porter loin le regard et s’attacher au bleu ardoise, à ce ciel de peintre à la lumière encore sage de l’automne pressant. Sentir l’air qui caresse les joues en douces rafales. Prêter l’oreille à la rage rythmée de la houle. Apparier les battements de son cœur à ceux de l’océan. L’oubli de l’envers de ce majestueux décor triomphe. Il reste à rêver, à se faire écume, à se faire nef abandonnée aux flots, à se laisser polir par le vent et devenir grain de sel ou grain de sable. Chaque vague réussit son assaut, chaque ressac vainc les résistances.

À la fin, la mer l’emporte. À la fin, c’est elle qui gagne.

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