« Flâneries 2023 » – # 264 – « Jour des récompenses »


Ce que l’on appelle aujourd’hui distraitement le 21 septembre, fut appelé un temps, le jour des récompenses dans le mois réétiqueté alors en vendémiaire dans le calendrier républicain ; ou révolutionnaire, selon. Ce calendrier échelonnait douze mois de trente jours et, pour faire le compte des trois-cent-soixante-cinq que compte une année solaire, on y ajouta cinq jours, six les années bissextiles.

Ces jours, ajoutés après le mois considéré comme le dernier de l’année : fructidor ; août en langage grégorien, se comptent et se dénomment ainsi :
– Primidi, jour de la vertu mais aussi des cardinales : la prudence, la tempérance, la force, la justice ;
– Duodi, jour du génie qui n’est pas sans failles, ni faillir, ni faillite ;
– Tridi, jour du travail, à l’exclusion de tous les autres jours ;
– Quartidi, jour de l’opinion, dont on peut changer sans toutefois jamais rogner ses convictions ;
– Quintidi, jour des récompenses, déplorablement toujours soumises aux caprices et à l’arbitraire ;
– Sextidi, seulement les années bissextiles, jour de la Révolution qui, comme le remarquait Marcel Pagnol, est d’avantage un tour complet qui remet ceux que l’on croyait éliminer à la même place qu’un réel bouleversement de l’ordre établi ; effort illusoire donc.

Voilà ce qu’en peu de mots et à peu de frais l’on pourrait dire de cette journée. Sans doute, ces jeux de mots valent-ils, vaudraient-ils, bien une récompense ?

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