« Flâneries 2023 » – # 269 – « Au hasard de Tillinac »


Lire un peu de Tillinac chaque jour est au réac ce qu’une page d’Évangile est au Chrétien : un retour aux sources de ses convictions. Au hasard des pages, dont aucune n’oublie les différents aspects du politiquement correct qui gâchent une certaine esthétique de la vie que tentent de mener les réacs, on trouve ceci : « Réac je suis, et je prends la plume pour m’en expliquer, avec l’espoir sans doute déraisonnable de tendre une main vers l’autre rive, celle des « modernes », des « progressistes », des « branchés ». Pas pour les convaincre : ayant passé l’âge des naïvetés, je sais trop la force des ancrages liés à des mots saturés d’idéologie1. »

Voilà, dès ce qui est construit comme un avant-propos, des mots qui donnent le ton, légèrement désabusé, de l’ensemble de l’essai. Il y a, mis en exergue, le mot âge qui montre la frontière, le point de bascule plus exactement, entre l’envie d’en découdre qui a pu animer toute une vie et la raison, juge de paix, qui porte à envisager, conclure même peut-être, que l’on ne change pas si facilement l’air du temps et, ici, en l’occurrence en 2023, l’air de la majorité moutonnière qui file, soudée et heureuse, d’abord vers son déclin, par soumission, et ensuite vers son propre sacrifice, par aveuglement. Et de se dire que ce sentiment fut bien souvent partagé dans l’histoire des Hommes, ceux d’avant le feu et ceux d’après, ceux d’avant Gutenberg et ceux d’après, ceux d’avant Christophe Colomb et ceux d’après, ceux d’avant le 21 janvier 1793 et ceux d’après, et ceux d’après Sainte-Hélène, et ceux d’après Verdun, et ceux d’après Munich, et ceux d’après Hiroshima, et ceux d’après le droit à l’avortement. Des générations de réacs, réunis fraternellement sous le vocable : « ceux d’avant ».

1 – Denis Tillinac ; « Au bonheur d’être réac – Apologie de la liberté » – p. 17 ; Éditions Équateurs

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