« Flâneries 2023 » – # 271 – « Pendant que nous aurons chaud cet hiver »


Nous aurons bien chaud cet hiver dans nos petits logis. Quand, confortablement lovés dans nos canapés, nous pourrons dévorer un livre, regarder un bon film ou bavarder avec nos proches, combien d’entre nous penseront à ceux qui auront été sacrifiés pour ces quelques degrés ? Combien d’entre nous se rappelleront qu’en juillet dernier, l’Europe a négocié 4 milliards de mètres cubes de livraison de gaz naturel en plus, pour atteindre les 12 milliards, avec l’Azerbaïdjan ? Combien d’entre nous comprendront qu’avec cette manne financière, ce pays se dote de tous les moyens pour écraser les Arméniens, nos frères chrétiens ? Combien mesureront la différence de traitement entre l’Ukraine, vers laquelle convergent toute les aides et tous les soutiens militaires mondiaux et ce berceau de la Chrétienté dont la population crève, se fait massacrer, où se déroule dans un quasi-silence, rien de moins qu’un génocide et un effacement culturel.

A cours, ces derniers mois, ces dernières semaines, une inversion des valeurs morales, sinon d’abord fraternelles, qui pourrait conduire à une profonde sidération même ceux dont les convictions humanistes, et le sens de l’honneur accessoirement, sont pourtant viscéralement ancrées. Le parlement canadien accueille et acclame un vétéran ukrainien de la division SS Galicie dont les crimes contre l’Humanité pendant l’Holocauste sont bien documentés. Ce même Israël, qui conserve la mémoire des massacres commis pendant la Seconde Guerre mondiale, fournit à l’Azerbaïdjan toutes sortes d’équipements militaires qui lui permettent de perpétrer ce génocide. Il ne serait pas étonnant que les murs des « Juste parmi les Nations » vacillent sur leurs principes en ce moment.

Il faut espérer un réveil, il faut presque espérer avoir froid cet hiver. Quand on connaît l’Histoire, quand on sait à quels drames et à quelles barbaries ont été soumis les Peuples en tout temps et en tous lieux, il n’est intimement pas acceptable de prêter la moindre main à ce crime, de ne pas sacrifier notre misérable confort à ces crimes que la grande majorité de nos dirigeants politiques et les médias laissent perpétrer sans, presque, réagir.

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