
À la Prévert, on énumère : Louis Ier le Pieux, Louis II le Bègue, Louis III, Louis IV d’Outremer, Louis V le Fainéant, Louis VI le Gros, Louis VII le Jeune, Louis VIII le Lion, Louis IX le Saint et enfin, celui qui nous intéresse, Louis X, dit le Hutin. Il est né un 4 octobre en 1289, c’est la raison pour laquelle il occupe le centre de la chronique de ce jour, l’inspiration littéraire de votre servante traversant une période de sécheresse majeure. Ces lignes auraient pu être dédiées à chanter les louanges de François d’Assise, saint du jour, mais il y a tellement à dire à son sujet que nul n’est besoin d’attendre sa fête pour en tirer profit. Il faut garder le religieux pour la prochaine période de jachère. Dans l’histoire du souverain Capétien du jour, Louis X, c’est le qualificatif de « hutin » qui a retenu l’amusement et a conduit à satisfaire une certaine curiosité à ce sujet, sinon à combler une lacune ; on n’en comble jamais trop lorsqu’il s’agit de culture générale et particulièrement dans le cas où il s’agit de corriger une erreur.
Louis X n’hustinait pas : il n’était pas bagarreur, il ne faisait lui-même aucun tapage, mais il en a provoqué. Les « hutins », puisqu’il y en avait une palanquée dans la noblesse de cette époque, ont manifesté leur hostilité aux réformes fiscales et de centralisation lancées par le Souverain. Un « hutin » est donc autant un prince qui cause le tumulte qu’un autre prince, ou encore un quelconque manant, qui s’agite.
Il est fort dommage que ce vocable soit passé de mode tant un retour en grâce permettrait de qualifier toute une clique politique et leurs suiveurs. Il y a ainsi des catégories pour lesquelles le langage ne fait jamais assez preuve d’inventivité pour en dépeindre les agissements.
Il y aurait bien des hauts faits passionnants à raconter sur ce monarque, comme l’amorce de la libération des serfs et l’autorisation donnée aux Juifs à revenir en France, mais il faut parfois se contenter de peu et faire du mieux possible avec celui-ci. Tout mécontent d’être resté sur sa faim avec ces pauvres et besogneuses lignes pourra hustiner tout son saoul et d’autant de décibels qu’il lui plaira. Peu me chaut, peu me chaut !
« Chaut » est le seul moyen de conjuguer « chaloir », verbe impersonnel qui ne s’emploie qu’au présent, à la négative et à l’interrogative. Il importait quand même, ce soir, d’apporter quelque science, et une grimace appelée sourire, à mes chers lecteurs ; de rattraper le coup, en somme.