
Charles Baudelaire évoque cette fleur dans un poème tragique croquant un scène bien triste : une jeune femme suppliciée par son amant :
« Sur la table de nuit, comme une renoncule,
Repose ; et, vide de pensers,
Un regard vague et blanc comme le crépuscule
S’échappe des yeux révulsés1. »
Paul Verlaine, dans Crépuscule du soir mystique2, qualifie de poison son parfum lourd qui noie « ses sens, son âme et sa raison » jusqu’à assombrir le charme de ses souvenirs.
Aujourd’hui, posées sur un guéridon d’or, d’éclatantes renoncules ont pu, de toutes la force de leurs couleurs, contredire ces lyriques injustices à leur beauté. Serrées les unes contre les autres, elles n’avaient, légères et raffinées, qu’à jouer de coquetterie, de toute la grâce de leurs pétales.
1 – Charles Baudelaire ; « Une martyre », « Les fleurs du mal », 1857 – Le livre de poche classique, p. 116
2 – Paul Verlaine ; « Crépuscule du soir mystique », « Poèmes saturniens », 1902 – Le livre de poche classique, p. 64