
Juste après les attentats du 13 novembre 2015, le roman d’Ernest Hemingway, Paris est une fête, s’était arraché dans les librairies. Depuis, il y a eu tant d’autres drames, qu’on ne sait plus à quel auteur se vouer. Depuis samedi 7 octobre, les massacres perpétrés par le Hamas en Israël, depuis vendredi 13 octobre, la nouvelle attaque meurtrière à Arras par un sanguinaire djihadiste, depuis aujourd’hui, où les alertes se multiplient dans les musées et les gares de France, on ne trouve plus de ressources pour chasser la tristesse.
La tristesse est générale et ce mot est bien faible pour embrasser l’ensemble de ses déclinaisons et manifestations. Elle est gouvernée, pour les simples civils, autant par une grande lucidité sur la genèse et l’évolution de ces violences que par une alarmante prise de conscience que, ce qui pouvait être qualifié de sporadique jusqu’à présent, va devenir constant, prégnant. Que tous les pays à forte présence musulmane sont désormais en danger.
Ce n’est plus Paris est une fête. Malgré tous les artifices, l’atmosphère actuelle ressemble plutôt à un marigot, à un marécage dans le brouillard, inquiétant, dont on ne sait ce qu’il va surgir. La zone de danger est immense et d’autant plus effrayante que le prochain coup viendra de n’importe quel quidam que la France, l’Europe, a accueilli ou même enfanté. Chaque barbu, chaque femme voilée, est devenu un danger. Celui-ci va grandir dans les prochains jours, dès qu’Israël aura matérialisé ses menaces.
Pour l’instant, cela semble encore n’être que de la tristesse. Jusqu’à ce que ce manteau glisse et laisse apparaître la vraie nature de cette émotion qui s’y cache : la peur ; une peur de chaque instant.