
– « Mais, on verra demain je vous dis !
– Sûrement pas ! Il n’en est pas question ! Il la faut maintenant !
– Mais puisque je vous dis qu’on ne la retrouvera pas aujourd’hui !
– Où peut-elle être à la fin ? Avec tout ce monde qui s’en occupe, s’échine à la chercher, il devrait quand même s’en trouver un capable de rassembler des indices, de suivre une piste.
– Si seulement c’était une question de nombre !
– Rendez-vous compte, malheureux ! Pendant tout le temps que personne ne la voit, la rumeur enfle !
– Ah, celle-là, avec son maquereau le mensonge, pas de danger qu’elle se perde ! Les deux occupent le terrain, battent le pavé. Ça crée du grabuge, cela attise les colères.
– Oh ça, la colère, ça peut nous mener loin !
– On ne peut pas attendre demain ! Il la faut tout de suite, maintenant !
– Plus facile à dire qu’à faire ! Elle peut être n’importe où.
– Un indélicat s’est peut-être assis dessus ; alors personne ne la voit.
– Un voleur la serre peut-être dans sa poche.
– Cela finira par lui brûler les doigts ou la poche craquera.
– Ou encore, elle est là, sous nos yeux, mais on ne la reconnaît pas.
– On se fait enfumer ?
– Elle aura été déguisée, maquillée, travestie par des margoulins. Ils auront changé son nom.
– Il faut aller la chercher. Il faut mettre le paquet ; la trouver par tous les moyens.
– On ne peut pas remettre à demain. Il faut qu’elle soit libérée dès maintenant.
– Sans elle, les nids de poule deviennent des cratères, des fumeroles des brasiers. Sans elle, tout risque de s’embraser. »
– « Je vous interromps. Ce que vous cherchez, c’est bien la vérité ?
– Oui !
– Vous ne croyez quand même pas que je vais la lâcher. Vous pensez ! Tant que je joue avec le mensonge et sa rumeur. Il y a bien trop à y gagner ! »