« Flâneries 2023 » – # 298 – « Le rouge se dévoile »


Aux beaux jours, personne n’y prête attention. Vert sur vert, ton sur ton, leurs lianes se confondent avec le décor qu’elles colonisent. Octobre adoube l’automne, l’étendue de leur invasion se révèle alors dans toutes les nuances de rouge. Leurs dégradés vermillon se dévoilent, sautent aux yeux ; se mesure le mal qu’elles répandent. Elles, ce sont des ampélopsis. Rien, pas un arbre, pas une rocaille, pas un mur, une grille, ne leur échappent. Elles s’agrippent, étreignent jusqu’à les étouffer, toutes leurs victimes. Des plantes insidieuses, constrictor, qui pourtant, pour leur seul éclat, nous séduisent. Mais là s’arrête l’admiration, lorsqu’on connaît leurs mœurs. Elle prospèrent d’un rien, même sur les sols les plus pauvres et s’attaquent à tout ce qui permet à leurs tentacules, leurs griffes de se cramponner, pour en sucer la sève vitale, en asphyxier les fruits. Bientôt, il ne reste plus qu’elles. C’est ce que l’on appelle une plante parasite. Le vert qui vire au rouge ! Serait-ce là une métaphore ?

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