« Flâneries 2023 » – # 300 – « Prière »


Souvent, la pensée se déporte et survole ces lieux que l’on appelle monastères, abbayes, couvents, séminaires, chartreuses ou encore, plus loin dans le monde, à l’orient, lamaseries ; ces lieux d’étude, de prière, de recueillement, de dévotion, de contemplation et de méditation.

Intenses, ces oraisons, silencieuses, murmurées, scandées, chantées, planent sur le monde, auxquelles peu prêtent attention. Ces appels à Dieu, à Son amour, voguent au-dessus de nos têtes, pour, peut-être parfois, effleurer nos cœurs endurcis, traverser nos esprits accaparés par l’accessoire. Il est possible, certain pour ceux qui y sont sensibles, y croient, ou tout simplement s’y essaient, que les calvaires, posés de-ci, de-là, dans les campagnes et les montagnes, toujours sur des promontoires pour être rendus visibles, toujours à la croisée de chemins pour ne pas s’égarer, être interpellé avant de plonger dans les vaines turpitudes du monde, aient pour mérite, vocation, objet, de rappeler cela, la prière, sa force.

Les croix se détachent sur fond de ciel azur, aussi ailleurs, même quand celui-ci s’y charge des fumées grisâtres, brunâtres, noirâtres, des combats, des bûchers, des massacres. Elles appellent, rappellent, la nécessité de ces adresses au Ciel, quel que soit le nom que l’on donne à son Prince. Quand on prie, on purge le mal, on invite la paix.

À cet ouvrage, les mécréants habillés de rouge, de noir et de vert, font radicalement défaut, tant il est vrai qu’à s’adresser aux nuées, les bras levés, une kalach en offrande, leurs messages atteignent plutôt les démons, diables et autre satans pour revenir en rafales sur les innocents.

La prière, la vraie, est un abandon, une nudité complète, sans artefact, sans artifice. Elle emplit, remplit, occupe tout entier au point d’annuler le reste et d’abord toute haine. Invoquer le Divin une arme à la main n’est en rien l’accomplissement de son dessein.

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