
Le premier mouvement a été de donner à cette chronique le titre : « Un jour, vous aussi vous serez impurs ». Mais quelque chose ne collait pas, n’était pas assez proche de la réalité.
L’actualité est terrifiante et la totalité des journaux, ceux sans mainmise et clairvoyants, s’en font l’écho : un antisémitisme d’anéantissement est à l’œuvre. Ceux qui imaginent être à l’abri parce qu’ils ne sont pas juifs se trompent. Le totalitarisme islamiste, comme tous les autres dogmes racistes, racialistes et sanguinaires, ne s’arrêtent jamais à leurs premiers préceptes d’impureté, d’opposition et de blasphème ; pour exister, perdurer, prospérer, il leur faut toujours plus en repousser les lignes. Vous pensez, en étant blanc, noir, chrétien, musulman, vert à l’extérieur mais rouge à l’intérieur, que ce ne sera pas un jour votre tour. Ne vous faites pas d’illusion, un jour, vous serez dans le lot à éliminer. Il n’y a pas si longtemps, avec l’étoile jaune, il y a eu le triangle inversé vert, noir, rose, violet. À Oradour-sur-Glane, pas un supplicié n’était juif.
Un jour ? Non : déjà. C’est déjà en marche, au moins depuis les attentats de New-York, le 11 septembre 2001. Bernard-Henri Lévy, hier, sur les ondes d’LCI, déclarait : « Le vrai deux poids et deux mesures, c’est ceux qui décident de descendre dans les rues uniquement quand ce sont les Palestiniens face à Israël. » Parce que des morts musulmanes, causées par d’autres mains, par des mains musulmanes mêmes, il y a en a déjà eu des centaines de milliers : en Bosnie, en Syrie. Mais c’est parce que c’est Israël, parce que c’est un État juif, parce que ce sont des Juifs sur une terre rêvée 100% musulmane, alors le droit au lynchage mondial des Juifs est promulgué. Le Monde est déjà rêvé 100% musulman, comme il a été pensé aryen.
Un jour ? Mais, en France, en Europe, à Londres, à New York, c’est déjà le jour. Le cimetière de Carpentras, Ilan Halimi, Ozar Hatorah, Bataclan, Nice, le Père Hamel, la jeune fille de Cherbourg ; tout ce qui n’est pas « pur » est en risque de mort. Un jour ? Du port du voile, à celui de l’abaya, en passant par le développement de la mode modeste par toutes les enseignes de prêt-à-porter ; tout est fait pour vous habituez au « pur ». Vous pensez manger simplement une entrecôte, acheter un savoureux smash burger ou du poulet sauce aigre-douce, mais la quasi-totalité de la production de viande est déjà hallalisée ; vous êtes déjà en voie de purification par la faim. Vous pensez connaître vos dates, votre Histoire, votre alphabet, mais tout cela a déjà été modifié pour s’aligner sur un nouveau récit de l’oumma ; purifier les esprits en en changeant le référentiel.
Vous êtes une femme ? Demain vous serez voilée de la tête aux pieds ou vous serez Mahsa Amini pour une mèche de travers. Vous êtes chrétien ? Vous serez le prochain Arménien. Vous êtes homosexuel ? Demain, vous serez castré. Vous avez une petite fille ? Elle sera promise avant même d’être pubère. Vous avez un petit garçon ? Il saura jouer d’un fusil d’assaut avant ses Lego. Vous avez lu qu’en juin 1627, déjà, des corsaires Ottomans attaquaient les fjords de l’est de l’Islande pour s’emparer de quatre cents hommes, femmes et enfants et les conduire à l’esclavage à Alger ? Dans peu de temps il sera écrit qu’ils sont montés à bord de leur plein gré ; si vous soutenez le contraire, vous serez réduit au silence. Vous pensez être libre de circuler ? Depuis le 11 septembre, votre passeport est biométrique et, si vous êtes une femme, vous vous habillez de façon à devenir invisible.
Un jour ? Mais il n’y a plus un pays au monde, une ville en Europe, une institution en France, un organe démocratiquement élu, supranational, non-gouvernemental, associatif, caritatif, qui ne soit pas déjà infiltré, subverti. Certains partis politiques s’appuient déjà sur une masse critique de frères pour constituer des conseils municipaux entiers à leur solde. Sans parler de la pétro-monnaie dont tant, tant de nos grands orateurs, se repaissent.
Non, ce n’est pas un jour ! C’est déjà le jour, depuis le 11 septembre 2001, depuis le 19 mars 2012, depuis le 13 novembre 2015, depuis le 7 octobre 2023. Et le jour, maintenant, c’est aujourd’hui. On peut encore empêcher que ce soit demain tous les jours d’après. Et notre ténébreux avenir ensuite. On peut encore empêcher que demain soit le tous les jours des frères barbares. Pour contraindre ce demain, ce sont leurs aiguilles, leur pendule, qu’il faut mettre à notre heure.