
En mai 2022, j’autopubliais un petit essai sur le pardon en l’éclairant, au moyen de la métaphore, par le prisme de l’écologie : Restaurer des chemins de vie et de lumière – L’écologie – métaphore du pardon1. N’étant reconnue ni universitaire, ni intellectuelle, ni en rien légitime à penser une thèse, il a fallu me résoudre à m’adouber moi-même. Il a d’ailleurs été préférable d’oublier très vite – de pardonner – les commentaires peu amènes qui m’ont été faits en conclusion de mes quelques tentatives auprès d’éditeurs ou d’auteurs. Une belle veste comme on peut dire d’une défaite en rase campagne.
Ces derniers jours aux accents douloureux de barbarie m’ont ramenée à ma propre prose. J’ai ouvert le recueil comme s’il était d’un auteur inconnu, comme une découverte. Comme je le fais régulièrement au fil de ces chroniques, de ces Flâneries 2023, j’ai choisi d’aller au hasard de mes pages et de me livrer à un exercice inusité : me citer moi-même.
Au milieu de cette réflexion, je convoque Antoine de Saint-Exupéry : « Un être humain vaut le jardin que l’on y trouve. » Le parallèle immédiat que l’on peut faire avec la définition de l’écologie – en grec : eco, la maison ; logos, l’intelligence, la parole – c’est qu’à détruire son écosystème, sa personne, son âme, comme il saccage son environnement, la Terre, l’Homme se rend inhabitable comme des territoires entiers le sont devenus par leur surexploitation.
Ma thèse est que le pardon, cette si difficile et complexe transformation de soi, est le seul moyen pour l’Homme de se restaurer lui-même et à lui-même. Cette réflexion, poussée à la lumière de l’Ancien Testament, des Évangiles et des Docteurs de l’Église, développe la conviction que le ressentiment, les résidus de toutes les peines causées ou subies, est un poison sournois et lent qui affecte l’Homme en profondeur, qui sape insidieusement sa capacité d’ouverture et d’amour.
Mais seul l’assentiment à l’action divine permet cette métamorphose du mal en bien, cette subversion par le pardon : « en n’oubliant rien de ce que nous sommes, en acceptant l’action efficace de Dieu en nous, dont le pardon, nous pouvons nous relever : restaurer notre maison profanée. »
Pour beaucoup, cette thèse sera difficile à entendre tant les souffrances subies sont enkystées, tant le mal règne en maître ; particulièrement ces jours-ci. Mais, de ma petite plume illégitime de citoyenne ordinaire versée dans la pensée, la connaissance et dans la théologie, j’ai voulu argumenter cette conviction, ouvrir des chemins de lumière ; peut-être de paix.
1 – « Restaurer des chemins de vie et de lumière – L’écologie – métaphore du pardon » ; Guillemette Callies – Editions Bookelis; mai 2022