« Flâneries 2023 » – # 333 – « Le chat de Sigognac »


Ah ! Les Gascons ! Leur bravoure triomphe toujours, inverse le sort ; quelquefois le leur ! C’est bien le cas dans le roman Le Capitaine Fracasse de Théophile Gautier. De l’authentique cape et épée, de la pure, de la dure ; de la romanesque ! Le Baron de Sigognac, Pierre, nobliaux désargenté, sauve la belle et chaste Isabelle. Mais c’est son chat, son fidèle Béelzébuth, qui le sauvera lui ; plus exactement, qui lui permettra de trouver un improbable viatique et de redorer ainsi son blason.

Mort d’un excès, très très inhabituel, de bonne chair, le matou expire dans les bras de son maître qui fut plus touché qu’il ne l’attendait. L’oraison funèbre du félin sera prononcée en quelques mots par la belle : « Pauvre Béelzébuth, (…), il a supporté la misère de Sigognac, il n’en connaîtra pas la prospérité. »

Et c’est peu de le dire. Il ne la connaîtra pas, mais il y conduira. Son maître, en creusant sa tombe, exhume le trésor caché et oublié des Sigognac : « Avec une hache, Pierre rompit la serrure, et le couvercle en sautant découvrit une masse considérable de pièces d’or : onces, quadruples, sequins, génovines, portugaises, ducats, cruzades, angelots et autres monnaies de différents titres et pays. »

Oui, Béelzébuth est le bon génie de l’intrigue et même au-delà puisque sur le dernier mot de la dernière page : bonheur, il ouvre pour le lecteur le coffre sans fonds des rêves.

Laisser un commentaire