« Flâneries 2023 » – # 336 – « Au hasard de Gary »


Romain Gary s’est donné la mort le 2 décembre 1980.

« Combien de luttes, combien d’efforts, et tout restait éternellement à faire, à défendre ; toutes ces racines vivantes, ces ramifications prodigieuses dans leur variété et leur ténacité, devaient être défendues sans trêve ni répit… »

Ces lignes sont extraites du roman Les racines du ciel écrit par Romain Gary en 1956. Dans un récit dense, profond, qui interpelle, Gary raconte l’histoire de Morel, un combattant contre la chasse aux éléphants en Afrique. Ce résumé est très resserré, bien trop pour cette œuvre du Prix Goncourt qui s’attaque à un enjeu qui, à l’époque, n’était pas encore central dans les préoccupations humaines : « la protection du droit d’exister », particulièrement celle de la faune sauvage.

Ce passage est remarquable en ce qu’il est universel, en ce qu’il ne se limite justement pas à la cause de la protection de la nature, et qu’il peut être étendu, quelle que soit l’époque, quelle que soit la cause. Il semble particulièrement contemporain de tous les drames, de tous les délitements, de tous les lâchetés actuels. « La protection du droit d’exister » est un combat à mener, malheureusement, sans relâche, tant, quelques soient le lieu et le contexte, il se trouve toujours des pourfendeurs des plus belles aspirations, dont celles à la paix, à la concorde et à l’harmonie, des âmes humaines.

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