
La première paire de mains a eu une Rolex avant ses cinquante ans ; c’est à cela que l’on devait reconnaître si on avait réussi sa vie. Le deuxième nous appelait les « sans-dents » ; c’est à cela que l’on devait admettre qu’il faut compter toute une vie à avoir ciré de son postérieur les bancs des institutions démocratiques pour évaluer la réussite d’une vie. Le troisième nous a enjoint à traverser la rue pour « en trouver » ; et que c’est à cela, que l’on pouvait se placer, ou dans le mouvement des gens qui réussissent, ou dans la fosse de ceux qui ne sont rien.
La première paire de mains a perdu sa superbe dès le seuil du Fouquet’s ; la deuxième en laissant saccager le boudoir d’argent ou en allant chercher des croissants en scooter ; la troisième se faisant caresser le torse par des éphèbes en sueur, ici sur le perron du palais, ou là dans les dancings en vue de Kinshasa.
À la suite de ces trois paires, suivent des cohortes d’autres : qui, prises les doigts dans le pot de confiture ; qui implorent Léonarda de rester en France ; qui éructent des « Yes, la meuf est dead » ; qui, relaxent dix mille détenus sous prétexte de la Covid ; qui, défiant l’arithmétique, espèrent un résultat de la multiplication par zéro ; qui, brandissent un drapeau palestinien en plein hémicycle ; qui, nomment acte de résistance le massacre de bébés ; qui, binationales, appellent à l’intifada dans l’Hexagone.
La liste est longue, interminable ; minant.
Mais elle serait incomplète sans y ajouter ces paires de mains qui n’ont rien fait pour éviter Toulouse, le Bataclan, Nice. Celles qui n’ont rien fait pour éviter la mort du Père Hamel, de Jean-Baptiste Salvaing et de Jessica Schneider, de Samuel Paty, de Dominique Bernard. Celles qui signent les pas-de-vagues et les certificats de déséquilibres psychiatriques.
Mais elle serait incomplète sans y ajouter ces paires de mains qui ont œuvré à désindustrialiser le pays. Songeons à ce que nous a réellement coûté le « made in très loin ». Pour payer moins cher un t-shirt, nous avons indemnisés, quarante années durant, des millions de chômeurs, paupérisant de fait des millions de Français.
Mais elle serait incomplète sans y ajouter ces paires de mains qui ont méprisé nos suffrages qui, de scrutin en scrutin, ont bâti celui du 9 juin et ont fermenté ceux des 30 juin et 7 juillet. Mépris du petit 51,04 % en faveur du référendum sur la ratification du traité de Maastricht en septembre 1992. Mépris des 700.000 signatures de la pétition contre la loi sur le mariage pour tous, rejetée par le Conseil économique, social et environnemental (CESE) en février 2013. Mépris des 54,67 % de Français qui, en 2004, ont rejeté par référendum le traité établissant une Constitution pour l’Europe. Mépris du Parlement par le recours intensif à l’expédient de l’article 49.3 de la Constitution. Mépris du vote solennel de la Loi immigration intégration asile de janvier 2024 par une censure du Conseil constitutionnel.
Mais elle serait incomplète sans y ajouter ces paires de mains qui de l’une signent des #metoo, se présentent, en glamour d’actrice et lunettes de sainte-ni-touche, larmoyantes, devant les commissions parlementaires, et qui, de l’autre, absolvent les viols du 7 octobre, ferment les yeux sur l’effacement tragique des Afghanes. Qui crient au génocide des Gazaouis quand en Ouganda, en RDC, partout, au Pakistan, en Afrique, en Arménie, des centaines, des milliers d’innocents meurent sous les coups les plus sauvages.
La liste est longue, interminable ; écœurant.
Toutes ces mains qui, de voyages officiels en conférences de presse, ploient dans la repentance, s’agenouillent au nom du peuple Français, devant des despotes et des va-t-en-guerre. Qui réécrivent l’Histoire de notre pays pour que chaque jour, et ce dès le Primaire, nous diluions nos fiertés passées dans une honte toujours plus noire, jamais assez bue.
Toutes ces mains, sont celles qui ont œuvré au chaos d’aujourd’hui. Mais ces mains, encore aujourd’hui, nient ; nient leurs responsabilités. Les journalistes nient du néo Front Populaire sa ressemblance avec la Nupes et sa doctrine antisémite, anti-française, anti-démocratique, pleinement LFiste. Toutes ces mains, celles grands ténors politiques, disqualifient même le résultat du scrutin du 9 juin ; dénient aux Français la capacité à avoir raisonné leur vote.
Alors, pourquoi refaire voter ?
Si, comme au lendemain du 9 juin, punir ces choix.
Dès ce dimanche 16 juin, dans une émission d’une chaîne publique, un « la République c’est moi », a prévu d’appeler à contester dans la rue les résultats des 30 juin et 7 juillet s’ils ne lui convenaient pas.
À un mois, au jour près, de l’ouverture des Jeux Olympiques, Jeux d’une nature dont la France, à plus de trois milliards de dettes, à peine couvertes par notre PIB, n’a pas le premier euro, c’est à un chaos que nous conduisent toutes ces mains, ces doctes mains.
Les mains des Français ordinaires n’affichent pas tant de diplômes, mais elles possèdent une sagesse, faite de science paysanne, de bonhomie, de générosité, d’audace et d’intelligence, qui façonne leurs suffrages. Et ce sera à ces mains politiques qui les briguent de s’y adapter, d’y faire droit. Ce seront les mains de ces mêmes Français, quel que soit leur vote, qu’ils devront serrer.