Chronique au T4 – « Le moment du courage »


Après les exactions anti-juives-anti-israéliennes commises jeudi 7 novembre à Amsterdam, à quelques minutes du TPI, à quelques kilomètres de la CEDH, nous sommes en devoir de nous poser une question, cruciale et vitale, que d’aucun se pose légèrement comme un défi sans conséquence, comme un examen de conscience du bout prudent de l’empathie humaine, sans s’engager comme bouclier, sans risquer aucun tribunal, qu’il soit celui des Hommes ou du Très Haut.

Cette question est : « Que dois-je faire ? » qui fait écho à celle : « Qu’aurais-je fait en juin 1940 ? », et à la plus tragique encore : « Qu’aurais-je fait les 16 et 17 juillet 1942, Rafle du Vel’ d’Hiv’, ou en vivant au bord de ces « zones d’intérêt » que furent Drancy, Beaune-la-Rolande ou Pithiviers ? »

Depuis le 7 octobre 2023 et le festival Nova, depuis hier, les exactions contre les Israéliens (juifs ou non), et même, depuis le Bataclan, Nice-Promenade des Anglais, cette question est posée : à tous collectivement, à chacun individuellement.

Il faut d’abord appeler les actes par leur nom.
Les attaques du Hamas le 7 octobre étaient un pogrom, même un génocide puisque c’était bien en raison de leur judaïté que ces bébés, ces enfants, ces femmes et ces hommes ont été massacrés.
Les attaques de Paris, de Charlie Hebdo au Bataclan, celle de Nice et toutes les autres, étaient également des pogroms ; nos 7 octobre à nous. Ces attaques ont même une empreinte génocidaire puisqu’elles ont visé des kouffars, des mécréants ; puisque, n’étant pas de la Religion, nous sommes impurs.

Alors aujourd’hui, 8 novembre 2024, pour résumer, se pose désormais une seule question à chacun d’entre nous, à tout notre sentiment d’une seule et digne espèce humaine qui irrigue nos veines et nos intelligences, à tous nos Gouvernants à quelque degré de responsabilité qu’ils se trouvent, à tous les Intellectuels qui diffusent leurs thèses, à tous les artistes dont la moindre parole déchaîne les foules :
– « Allez-vous prendre le risque du courage ; le seul courage qui vaille : celui de mettre votre corps en bouclier pour protéger vos frères de chairs et de sang ? Que ces frères soient de confession juive puisque c’est l’actualité dramatique qui nous interpelle ? Ou plus largement, que ces frères soient de confession chrétienne (tant sont massacrés de par le monde) ou encore qu’ils soient Arméniens, … ?  Allez-vous enfin défendre nos démocraties pluralistes, laïque comme celle de la France, nos valeurs, qui sont attaquées ? »

S’impose tragiquement un nouveau quoi qu’il en coûte, un choix pour l’avenir de nos civilisations : se battre, au moins par la plume, sinon autrement si les évènements l’imposent, pour défendre, et nos frères juifs, et nos frères chrétiens, et nos Civilisations.
Nous devons combattre ces idées et leurs concrétisations criminelles, autant dans les discours, dans les élections, dans les livres, dans les journaux, dans les colloques, dans les pactes, dans les accords, dans les rues, dans les stades, dans les expositions, dans les concerts.
Ce, chaque fois que la folie sanguinaire y transparaîtra, tant dans les mots que dans les actes.

Il ne peut même plus y avoir de silences complices.

C’est l’armée des millions d’Ombres – que sont nos parents, grands-parents, nos voisins ; que sont les Jean Moulin sous la torture, les suppliciés de Babi Yar, de Treblinka, du Mont Valérien, de la Rue des Saussaies, d’Oradour-sur-Glane ; que sont les soldats restés sur les plages de Normandie et de Provence ; que sont les pierres désormais sans âme ni mémoire du ghetto de Varsovie – qui l’exige.

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