Odyssée 2021 (#341) – « L’indice de sincérité »

– « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. »
Personne ne peut certifier que Voltaire, François-Marie Arouet, soit l’auteur de cette formule. C’est ce que l’on appelle un apocryphe, un point douteux.
Cependant, cette maxime a le mérite d’exister et de servir de barème, d’indice de sincérité, particulièrement en politique, particulièrement en ces temps houleux de dynamique électorale.

Le même Voltaire signe fréquemment ses correspondances d’un : « Écrasons l’infâme ». « L’infâme », l’intolérance et le fanatisme. De quoi parle-t-on ici ? Du dévoiement de la liberté d’expression autant dans son acceptation extensive : certains peuvent outrager à l’envi et sans entrave, que dans son acceptation répressive : certains ne peuvent exprimer leur compréhension du monde sans rencontrer d’inquisition. Certains peuvent inviter au crime, au meurtre d’un candidat, sans que les autorités ou même ses compétiteurs, n’y trouvent rien à redire.

Pour traduire ce préambule en langage d’actualité, on peut douter, plus que douter même, de la sincérité démocratique des acteurs politiques, les ténors et leurs sbires, quand aucun, aucun, ne dénonce clairement, ouvertement, les violences commises à l’encontre de certains candidats et la censure, la dénaturation manifeste dont fait l’objet le traitement de l’information. Aucun, à commencer par le garde des Sceaux lui-même, puis le ministre de l’Intérieur et enfin, le Président de la République, garant des Institutions et de la Constitution.

Leur motivation tient certainement au fait que ce dont on ne parle pas n’existe pas, ou encore que la nature, la violence en l’occurrence, fera son œuvre. Elle tient aussi peut-être à la grande naïveté de croire que le public se contentera de ce qui lui est servi, c’est-à-dire une information pauvre et orientée. C’est faire peu de cas de la maturité de l’électorat et de lui opposer comme modèle son plus petit dénominateur commun : ceux des citoyens qui vont à la soupe. Pour ceux-là, les Grands se battent pour qu’ils aient le droit d’aboyer. Mais il se peut que, malgré tout, que la caravane, celle des idées, de la démocratie pleine et entière, passe.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s