« Flâneries 2023 » – # 82 – « Comme quoi, le régime grec ! »


Bon, ben c’est comme pour le Père Noël ! Il y en a toujours qui, pour faire les intéressants, pour faire les adultes, vous baragouine une thèse-antithèse-synthèse pour vous démontrer qu’il n’existe pas, qu’il est le résultat de légendes pagano-religieuses et que c’est avec Coca-Cola qu’il prendra l’allure gros ventre, costume rouge et traîneau tiré pas des rennes. Bien, et alors ! Cela n’empêche pas de maintenir sa position : « il existe, un point c’est tout et na ! ». Les cadeaux, c’est le matin du 25, au pied du sapin, avec une crèche, une dinde farcie et une bûche au chocolat.

Il restait à s’occuper de la légende du marathon, de Phidippidès ; ca y est, c’est fait. Il paraît que l’histoire à laquelle nous avons tous cru jusqu’à aujourd’hui n’est pas ce qu’il s’est exactement passé dans l’Antiquité. Tous les coureurs à pied prennent le départ de cette glorieuse distance en imaginant reproduire l’exploit de l’Athénien. À savoir : Phidippidès aurait parcouru la distance comprise en la ville de Marathon et celle d’Athènes pour annoncer la victoire des Grecs sur les Perses. Il serait mort juste après avoir livré la nouvelle et, en son honneur et à sa mémoire, une course de ce type aurait ajoutée aux épreuves des Jeux antiques. Ça c’était acquis. En réalité, selon Hérodote, le messager aurait parcouru, non seulement une incroyable distance de deux cent quarante-six kilomètres, mais plutôt entre Athènes et Sparte et surtout en trente-six heures. Mais, et là tout change, le but était d’inciter les troupes à se rassembler pour repousser les assaillants. Dans l’une ou l’autre des motivations de la course, le résultat fut le même : exit les Perses !

C’est un poète anglais, Robert Browning, qui a embrouillé la chose en triturant la légende pour l’arranger à sa sauce : « Athens is saved ! » Un genre de marketing Coca-Cola en somme. Parce qu’en fait, dans les Jeux antiques, se couraient un maximum de 4,6 kilomètres, en armure s’iou plaît ! Après, pour la distance, en 1896, pour les premiers Jeux modernes, c’était quarante kilomètres. S’y sont ajoutés 195 mètres aux Jeux de Londres de 1908 pour que cela se termine pile devant le Roi Édouard VII. Dès qu’ils le peuvent, les Anglais sapent les bonnes idées des Français, celle de Michel Bréal, en l’occurrence.

Bref, on pinaille, on pinaille ! Mais bon : Phidippidès a bien existé et nous nous mettons bien dans ses pas à chaque épreuve ! Sauf que nous, malgré les MacDo, les sucreries, on ne meurt pas à la fin. Comme quoi, le régime grec !

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